samedi 2 novembre 2013

écotaxe: chronique d'une bonne idée dénaturée

Taxer les utilisateurs des réseaux routiers est en soi une bonne idée. Borloo et le Grenelle de l'environnement ont abordé le problème de la sur-utilisation des infrastructures selon un angle logique. Pourquoi dès lors cette taxe a-t-elle cristallisé les rancoeurs et les objections?

La réponse est d'une simplicité désarmante: parce qu'elle visait en priorité nos producteurs, nos transporteurs et nos grossistes. Comment accepter que les matières premières et productions agricoles issues de notre secteur primaire soient taxées lors de l'acheminement, puis après transformation et enfin avant mise en vente, alors que les produits manufacturés à l'étranger ne l'étaient qu'une seule fois, lors de l'acheminement? C'était là une conséquence illogique de l'ineptie d'un système qui n'aura pas été suffisamment étudié.

Taxer les véhicules qui transitent du Nord-Est (Bénélux, Allemagne) vers le Sud-Ouest (Péninsule Ibérique) ou du Sud-Est (Italie) vers le Nord en évitant les Alpes, était une nécessité. Ces milliers de Camions utilisent notre réseau routier sans aucune contre-partie hormis le péage (concession privée d'utilisation). Il y a donc une négation de l'impact écologique de ces transferts, pourtant majeur.

Une écotaxe efficace et acceptée de tous aurait pris en compte cet aspect d'atteinte à notre compétitivité et de sanction d'un transit qui ne nous concerne en rien. Alors n'y incluons pas les responsabilités d'un Sarkozy, d'un Fillon, d'un Borloo. Le principe était acté, il était intéressant. Encore fallait-il réfléchir un peu aux modalités de mise en place de cette taxe, ce que le gouvernement socialiste n'a pas su faire.


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour, d'accord avec vous pour taxer ces camions étrangers qui par milliers traversent la France chaque jour sans la desservir.
Taxons plus drastiquement toutes les importations hors CEE et nos entreprises s'en trouveront que mieux.
Mais bon, à quoi servent les technocrates de Bruxelles si ce n'est à "standardiser" les cuvettes de WC de l'union européenne ?
Bon courage

Daniel Benquet a dit…

La taxation de ce transit qui ne nous rapporte rien est une nécessité, on y viendra.
Pour les marchandises produites à l'étranger il y a une solution toute simple, qui est au départ une idée de gauche, reprise par la droite, et dès lors combattue par la gauche: la TVA sociale. Si nous augmentions la TVA de 2 points (en diminuant d'autant les cotisations salariales) les articles qui sont produits à l'étranger financeraient aussi notre protection sociale, et la compétitivité de nos entreprises serait relancée ainsi que le pouvoir d'achat de nos salariés. Mais là encore, le clanisme politique qui s'attribue en permanence les idées a fait capoter ce projet qui a pourtant relancé l'Allemagne à lui tout seul.